« Me revoilà à Bangkok… la ville‑métropole qui bouillonne, qui vibre ! Après mon escapade au Cambodge et « mon premier passage » en Thaïlande à Chiang Mai, je replonge dans le trafic, les bateaux, les temples et les marchés que j’avais laissés derrière moi. » – Rio
🏛️ Un peu d’histoire…
La ville que j’appelle « Bangkok » est officiellement connue comme Krung Thep Maha Nakhon. Elle est située dans le delta de la rivière Chao Phraya, et ses premières traces remontent au XVᵉ siècle, lorsqu’elle était un simple village de pêcheurs et de commerçants.
En 1782, le roi Rama I fait de Bangkok la capitale du royaume de Siam.
Aujourd’hui, c’est une mégapole de millions d’habitants, croisant tradition et modernité. Plus de 30 millions de touristes passent par Bangkok tous les ans!
🌊 Pourquoi cette ville me fascine










- On traverse la ville… en bateau ! Les bateaux glissent sur la rivière Chao Phraya, au milieu des gratte‑ciels, des maisons sur pilotis, des temples dorés.
- Le contraste est total : d’un côté le calme de l’eau, de l’autre le klaxon des tuk‑tuks, les néons, les marchés animés.
- Chaque coin de rue, chaque quai de bateau raconte une histoire : celle de marchands d’épices, de voyageurs, de religieux, de pêcheurs…
- J’ai envie de te montrer comment je traverse la ville sur l’eau, et comment cette rivière est encore aujourd’hui une artère essentielle de Bangkok.
Histoires d’Histoire
🐘 Le roi Rama V, les moustaches en bataille et l’éléphant superstar
Bon, déjà, situe-toi : on est à la fin du XIXe siècle. Le monde change. Les Anglais et les Français colonisent tout ce qu’ils peuvent en Asie. Mais la Thaïlande, elle, résiste ! Pourquoi ? Grâce à un roi très malin : Rama V, un type éduqué à l’européenne, qui portait le costume trois-pièces mais gardait son chignon traditionnel sous son chapeau melon.
Ce roi, il est célèbre pour plein de choses sérieuses : il a aboli l’esclavage, modernisé le pays, construit des chemins de fer… Oui, bon. Mais aujourd’hui, on va plutôt parler d’une anecdote drôle, mais vraie : le concours de moustaches royales.
Eh oui, parce que Rama V, en plus d’être un roi moderne, était aussi un grand fan de moustaches. Il disait qu’un homme sans moustache, c’était comme un éléphant sans trompe. Autrement dit : un peu triste.
Alors un jour, il a eu une idée farfelue : organiser un concours de moustaches à la cour ! Tous les nobles, les officiers, les courtisans devaient venir montrer leur plus belle moustache : bien peignée, bien lustrée, en croc, en brosse, en guidon de vélo… Et c’est le roi lui-même qui faisait le jury, avec un petit miroir et un peigne en argent à la main.
L’histoire raconte qu’il y avait des catégories :
- La moustache la plus longue
- La plus brillante
- La plus artistique
- Et même : la moustache la plus farfelue
Un général serait même arrivé avec une moustache teinte en or (mais ça grattait).
Et pendant que les moustachus se pavanent, qui c’est qui attire vraiment tous les regards ? Pas un barbu, non non… un éléphant blanc royal, tout peint de fleurs et de dorures, qui arrive avec une clochette en argent à la trompe. Le roi, hilare, aurait déclaré que même son éléphant avait plus de moustache que certains courtisans !
🥸 C’est rigolo (et pas si bête)
Derrière cette rigolade, tu vois quand même un truc : un roi qui fait rire, mais qui rassemble, qui modernise sans brutaliser, qui prend les codes européens (les moustaches à la Napoléon III, très à la mode) pour en faire quelque chose de local et drôle.
Et aussi : un roi qui savait que parfois, pour faire passer des grandes idées (comme moderniser un pays sans se faire coloniser), il vaut mieux passer par des concours de moustaches que par des discours barbants.
Alors ? Tu veux lancer un concours de moustaches en classe ? (Même en dessin, ça compte.)
🐒 Le prince, le temple… et les singes chapardeurs
Alors voilà. Il était une fois, il n’y a pas si longtemps — disons, début du XXe siècle — un jeune prince thaïlandais, un peu trop gâté, un peu trop sûr de lui. On l’appelait le prince Samchai, ce qui veut dire « victoire triple » (autant te dire que ses parents avaient misé gros).
Mais Samchai, lui, il préférait les combats d’espadon en sucre, les parties de cerf-volant et les jeux d’ombres chinoises, plutôt que les leçons, les rituels ou les responsabilités. Et surtout — horreur — il détestait l’idée de devenir moine, comme tous les jeunes nobles devaient le faire pendant un temps dans leur jeunesse. Une tradition en Thaïlande : on devient moine quelques semaines pour apprendre à se calmer l’égo.
Mais Samchai, il a dit non. Un non royal. Pas question de se raser la tête, de manger une seule fois par jour, de dormir par terre, de se lever à 5h du matin. Lui, il voulait des coussins, du riz gluant au lait de coco, et des histoires de fantômes.
Alors le roi, son père, un homme patient mais malin, lui dit :
« Très bien. Tu ne veux pas être moine ? Tu vas passer une semaine au temple, avec les singes. »
Et paf, le lendemain, voilà le petit prince envoyé dans un temple dans la jungle, connu pour être envahi par une bande de macaques moqueurs, voleurs de tout : lunettes, chapelets, sandales, même les robes des bonzes ! Ils faisaient la loi, perchés sur les toits, sifflant et lançant des mangues pas mûres sur les visiteurs.
Au début, Samchai a râlé. Les singes lui volaient sa nourriture, faisaient pipi sur son oreiller, se moquaient de lui en imitant sa démarche. Mais au bout de quelques jours… il s’est mis à les observer. À comprendre leur organisation, leurs petits chefs, leurs disputes, leurs jeux. Il a commencé à méditer, sans qu’on lui demande, juste pour rester calme. Il a compris qu’ils étaient un peu comme les humains : pas pires, pas meilleurs. Juste… bruyants.
Et quand il est rentré au palais, il avait changé. Il a demandé à devenir moine. Volontairement. Et il a dit :
« Si les singes ont une sagesse, alors moi, je peux bien essayer d’en avoir une. »
🛕 C’est une bonne petite histoire
Parce que ça te parle de plein de choses à la fois :
- de l’humilité (même un prince doit apprendre à se taire et à observer),
- de l’initiation (grandir, c’est parfois passer par des étapes bizarres),
- et de la relation entre l’humain et la nature : ces singes, c’est un peu les maîtres du temple, eux aussi !
Pour plonger encore plus loin dans cette ville hors normes, on va explorer ensemble Bangkok :
📚 Propositions pédagogiques – CM1/CM2
🧭 Géographie / histoire
- Raconte (à la première personne) : «Moi, Rio, j’arrive à Bangkok en bateau sur la rivière Chao Phraya…»
- Sur une carte, trace le parcours de Rio : Cambodge → Bangkok.
- Pourquoi la rivière a‑t‑elle été essentielle dans l’histoire de la ville ?
✍️ Français
- Imagine un dialogue entre Rio et un batelier lors de la traversée.
🎨 Arts visuels / technologie
- Dessine/Bricole : le trajet du bateau sur la rivière, les quais, les temples vus depuis l’eau.
- Compare deux photos : un bateau‑bus moderne et un long‑tail traditionnel. Quelles différences vois‑tu ?
