Quand je suis arrivĂ© au pied de la montagne, ce nâest pas tout de suite le sommet que jâai regardĂ©. Non.
Dâabord, jâai regardĂ© le sol. đ±
Autour de moi, câĂ©tait calme⊠des champs de lotus ondulaient doucement au vent. Leurs grandes feuilles rondes flottaient Ă la surface de lâeau, et quelques fleurs violettes sâĂ©panouissaient sous le soleil. Jâai pris le temps de les observer, une Ă une, comme si elles me soufflaient un secret.






Juste Ă cĂŽtĂ©, un arbre immense Ă©tait couvert dâoiseaux blancs. Ils se rassemblaient tout lĂ -haut, penchĂ©s les uns vers les autres, comme sâils racontaient des histoires anciennes. Moi, jâĂ©tais lĂ , petit corbeau multicolore, au pied dâun monde suspendu entre les fleurs et les ailes. đžđïž




Et puis, jâai levĂ© les yeux vers la montagne. LĂ -haut, entre les rochers pointus, jâai aperçu un dragon de pierre ondulant tout au long de la crĂȘte. Un vrai ! (Bon⊠sculptĂ©, mais trĂšs impressionnant).
Câest lĂ que jâai dĂ©cidĂ© de grimper.


đ„” Dâabord quelques marches, faciles. Puis un escalier qui monte, monte⊠monte encore. Les pierres sont chaudes, irrĂ©guliĂšres, parfois glissantes. Les jambes tremblent un peu. Jâavance lentement. Parfois je mâarrĂȘte, je bois une gorgĂ©e dâeau, je respire fort. Autour de moi, dâautres grimpeurs montent, essoufflĂ©s eux aussi. Certains mâencouragent : « Courage Rio ! »







Ă mi-chemin, je me retourne. đź Et là ⊠wahou. Tout le paysage sâouvre derriĂšre moi : les riziĂšres, bien droites, inondĂ©es de lumiĂšre ; les montagnes karstiques, dressĂ©es comme des dos de dinosaures endormis ; des chemins, des maisons, tout petits, comme des jouets.
Le Vietnam vu dâen haut, câest comme une carte vivante.






Je reprends lâascension. Encore des marches, encore des rochers. Jâai chaud. Mais je veux voir le dragon de prĂšs.
Enfin, jây suis. LĂ , tout en haut, le dragon me regarde. Il est immense, recouvert dâĂ©cailles sculptĂ©es dans la pierre. Sa tĂȘte domine la vallĂ©e, ses pattes reposent sur la roche. Je mâassieds juste Ă cĂŽtĂ©.
Et là ⊠silence. Tout est calme. Je vois loin, trĂšs loin. Dâun cĂŽtĂ©, la ville et les cultures. De lâautre, les montagnes et les nuages.


Je parle au dragon.
Je lui dis que je suis un voyageur. Il me rĂ©pond quâil en a vu passer, des centaines, des milliers. Des humains, des oiseaux, des rois, des moines, des rĂȘveurs.
Il me dit :
Rá»ng ÄĂĄ :
« Náșżu con muá»n tiáșżp tỄc hĂ nh trĂŹnh,
hĂŁy bay vá» phĂa tĂąy.
á» ÄĂł, táșĄi LĂ o,
con sáșœ gáș·p những con váșt
mang theo trĂ tuá» cá»§a nĂși rừng. »
Rio :
« Le dragon mâa dit :
« Si tu veux continuer ton voyage,
vole vers lâouest.
LĂ -bas, au Laos,
tu rencontreras des animaux
qui portent la sagesse des montagnes. » »
Je le remercie. Je ferme les yeux.
Et je sais quâil a raison.
đ§ Propositions pĂ©dagogiques â CM1/CM2
đ RĂ©cit dâexpĂ©rience imaginaire
« Tu es Rio. Raconte ton ascension jusquâau dragon. Quâas-tu vu ? Quâas-tu ressenti ? Qui as-tu rencontrĂ© en haut ? »
Français â RĂ©daction â Cycle 3
đ Ătude de paysage / gĂ©ographie
Observe deux photos : vue dâen bas et vue dâen haut.
â DĂ©cris les diffĂ©rences.
â RepĂšre les Ă©lĂ©ments du paysage (riziĂšres, montagnes, villages, eau).
GĂ©ographie â Cycle 3
đ DĂ©bat philo ou Ă©criture coopĂ©rative
« à quoi sert de grimper ? Pourquoi monte-t-on sur une montagne ? »
Ăducation morale et civique â EMC / Expression orale






