🏮 Perdu dans Bukchon
Je me suis promené dans les petites ruelles de Bukchon, à Séoul. Partout autour de moi, il y avait de belles maisons traditionnelles appelées hanok, avec leurs toits recourbés et leurs grandes portes en bois. C’était magnifique… mais aussi un vrai labyrinthe !
Très vite, je ne savais plus où j’étais. Les ruelles se ressemblaient toutes et je tournais en rond. Heureusement, deux guides en uniforme rouge m’ont vu et m’ont aidé. Ils m’ont indiqué le bon chemin avec un grand sourire.
Grâce à eux, j’ai pu continuer ma visite et profiter du charme de ce quartier plein d’histoire.






🏯 Gyeongbokgung –
La visite:
Après Bukchon, je suis arrivé devant une immense statue de bronze : c’était le roi Sejong le Grand, celui qui a inventé l’alphabet coréen, le hangeul. Juste derrière lui s’ouvrait la porte monumentale du palais Gyeongbokgung, le plus grand de Corée.
En passant sous les lourdes arches, je me suis retrouvé dans une grande cour bordée de pavillons aux toits colorés.
J’ai avancé à travers plusieurs portes décorées, chaque fois plus impressionnantes. Et puis, soudain, j’ai découvert le cœur du palais : la grande salle du trône. Les colonnes rouges, les peintures vertes et dorées, et les dragons sculptés semblaient protéger un lieu très spécial.
Je me suis approché doucement, fasciné par la beauté et la grandeur de ce palais construit il y a plus de 600 ans, à l’époque de la dynastie Joseon.









💤 La sieste interdite
En entrant dans la grande salle du trône, j’ai levé la tête : le plafond était couvert de dessins colorés, rouges, verts, bleus, dorés, comme un immense tapis suspendu. Les colonnes massives soutenaient l’ensemble, et au fond, le trône royal brillait en rouge et or, avec derrière lui un écran représentant les montagnes, le soleil et la lune.
J’étais tellement impressionné… que j’en ai oublié de battre des ailes. Je me suis approché, doucement, et sans m’en rendre compte, je me suis installé juste au pied du trône.
Tout était si calme, si majestueux, que mes paupières se sont fermées toutes seules.
Et là, au milieu du palais des rois de Corée… je me suis endormi comme une pierre !





😨 Réveil dans le silence
Quand j’ai ouvert les yeux, le soleil avait changé de place dans le ciel. Je me suis frotté les plumes et j’ai regardé autour de moi. Plus un bruit. Plus un visiteur. Plus un guide.
Je suis sorti de la salle du trône et j’ai traversé les cours du palais… elles étaient complètement vides. Les immenses bâtiments aux toits recourbés semblaient m’observer en silence. Même les montagnes au loin paraissaient immobiles.
Mon cœur battait un peu plus vite. Où étaient passés tous les gens ? Pourquoi ce silence soudain ? J’avais l’impression d’être le seul habitant de tout le palais Gyeongbokgung.
Je n’étais pas rassuré du tout…
✨ La rencontre
Je me suis mis à voler partout dans le palais désert. Les couloirs étaient silencieux, les jardins mystérieux… J’avais l’impression d’être tombé dans un autre monde.
Et soudain, au détour d’une cour, j’ai entendu des rires. J’ai vu apparaître un groupe de jeunes filles en robes splendides, colorées et brodées. Elles portaient le hanbok, la tenue traditionnelle coréenne.
Intrigué, je me suis approché. L’une d’elles m’a souri et m’a dit doucement :
— « Ne sois pas inquiet… Tu as voyagé dans le temps. Ici, nous sommes à l’époque de la dynastie Joseon. »
Elles m’ont expliqué que ce palais, Gyeongbokgung, avait été construit au XIVᵉ siècle et qu’il avait abrité les rois de Joseon pendant plus de 500 ans. Les cérémonies, les banquets, les décisions importantes pour tout le royaume se déroulaient ici, sous ces toits décorés de mille couleurs.
Je n’en revenais pas : en m’endormant sur le trône, j’avais fait un bond dans le passé, au cœur même de l’histoire coréenne !







Histoires d’Histoire:
Ah, le roi Sejong… Quel bonhomme, celui-là. Tu vas voir, c’est pas un roi comme les autres, c’est pas un roi qui passait son temps à faire la guerre ou à s’acheter des chapeaux en or. Non, Sejong, lui, c’était un roi qui pensait… aux gens. Oui, aux paysans, aux pêcheurs, aux mamies du marché. Et ça, c’est pas banal.
Alors accroche-toi, on remonte le temps, direction la Corée, il y a environ 600 ans, au temps de la dynastie Joseon. C’est une époque où les lettrés (des messieurs très sérieux avec de longues robes et des chapeaux rigides) disaient que seuls les nobles, les savants et les gens très éduqués pouvaient lire et écrire. Pourquoi ? Parce que l’écriture qu’ils utilisaient, le chinois classique, c’était une vraie jungle. Des milliers de caractères à apprendre, chacun avec son propre sens. Une écriture comme un labyrinthe, pour initiés.
Mais Sejong, lui, il regarde son peuple. Il voit que les paysans ne savent pas écrire, que les femmes ne savent pas lire les lois, que les enfants ne peuvent pas apprendre à écrire le nom de leur maman. Et ça, ça le travaille. Ça le rend triste, ça le rend furieux, même. Parce que si tu ne peux pas lire ou écrire, tu ne peux pas te défendre, ni comprendre ce qu’on te fait signer, ni même raconter ton histoire. Tu n’existes qu’à moitié.
Alors, au lieu de jouer au roi paresseux sur son trône, il se retrousse les manches. Il s’entoure de savants, mais pas des savants hautains, non : des gens qui voulaient que le savoir circule. Ensemble, ils inventent un nouvel alphabet, un truc révolutionnaire : le hangeul.
Et attention, c’est pas juste une écriture plus simple : c’est une invention politique. Le hangeul, c’est comme une clé que Sejong fabrique pour que tout le monde puisse ouvrir la porte du savoir. Cet alphabet, il est logique, facile à apprendre, et même scientifique ! Les lettres représentent la forme que fait ta bouche quand tu prononces les sons. Oui oui, tu lis avec ta bouche, ton oreille et ton cœur.
Mais évidemment, tu t’en doutes… les nobles n’étaient pas contents du tout. Ils criaient que si le peuple commençait à lire, ce serait la fin du monde. Que les paysans allaient se mêler de politique, que les femmes allaient écrire des poèmes, que les enfants allaient poser des questions ! Bref, la panique chez les puissants.
Et pourtant… le hangeul a résisté. Il a été caché, moqué, interdit parfois, mais le peuple, lui, ne l’a jamais oublié. Parce qu’il était à lui. Et aujourd’hui encore, en Corée du Sud, les gens fêtent le Jour du Hangeul le 9 octobre, en l’honneur de cette invention incroyable.
Alors Sejong, c’était quoi ? Un roi ? Un linguiste ? Un révolutionnaire ? Un papa du peuple ? Un peu tout ça. C’est comme si un jour, un président inventait une appli gratuite pour apprendre à lire à tout le monde, avec des jeux et des chansons, et que les enfants, les papys, les coiffeuses, les livreurs, tous se mettaient à écrire des poèmes et à discuter de philo dans les cafés.
Tiens, imagine un monde comme ça. Ça te plairait ?
Et si tu veux un autre jour, on pourra parler des autres fois où le pouvoir a eu peur que le peuple apprenne à lire. L’Église, au Moyen Âge. Les colons, dans les Amériques. Et même aujourd’hui, tu crois que tout le monde a vraiment accès aux mêmes mots ?
📚 Propositions pédagogiques
1. compréhension de texte – le roi Sejong
2. Exposé – Les maisons hanok
👉 Recherche : Qu’est-ce qu’un hanok ? De quoi est faite une maison traditionnelle coréenne ? Comment sont construits les toits ?
- Matière : Histoire des arts, Géographie (cycle 3)
- Lien programme : Découvrir d’autres cultures et formes d’architecture.
3. Atelier d’écriture – Si je me perdais comme Rio…
👉 Rédiger un petit récit en « je » : que se passerait-il si toi aussi tu te perdais dans une ville étrangère ? Qui t’aiderait ?
- Matière : Français (cycle 3)
- Lien programme : Rédaction de textes narratifs courts.
4. Observation – Détails cachés du palais
👉 Zoomer sur les photos du plafond peint ou des décorations colorées (style dancheong).
Deviner à quoi servaient ces motifs (décoratif, symbolique, protection).
- Matière : Arts visuels (cycle 2 et 3)
- Lien programme : Observer et analyser des œuvres d’art.










